Luo Han Guo, le fruit de l’arhat
Luo Han Guo se lit « le fruit de l’arhat », l’être parvenu à l’éveil dans le bouddhisme ; on le connaît aussi comme fruit du moine. Une monographie locale explique joliment le nom : les fruits naîtraient toujours par groupes de dix-huit, comme les dix-huit arhats des monastères chinois. C’est le fruit séché d’une liane de la famille des courges, Siraitia grosvenorii, qui grimpe sur les versants ombragés et brumeux des montagnes subtropicales. Son terroir de référence est le Guangxi, autour de Guilin : le district de Yongfu, « patrie chinoise du Luo Han Guo », assure avec ses voisins environ quatre-vingt-dix pour cent de la production mondiale. Longtemps resté un usage populaire du peuple yao, il n’entre à la Pharmacopée chinoise qu’en 1977, puis parmi les substances à double statut, aliment et plante médicinale.
Rafraîchir en humectant
En médecine traditionnelle chinoise, le fruit est frais et d’une seule saveur, purement douce, d’une douceur sans équivalent dans la pharmacopée. Or le doux engendre les Liquides et humecte : du doux et du frais, sans amertume pour assécher ni froid pour blesser le Centre. Là où les plantes qui rafraîchissent le Poumon sont en général amères et dessèchent ce qu’elles rafraîchissent, celle-ci rafraîchit en humectant. Le fruit est associé au Poumon, qui s’ouvre à la gorge, et au Gros Intestin, son organe couplé : il humecte les deux, et aide aussi le transit à rester libre, sans rien forcer.
Du Poumon au Gros Intestin
Le méridien du Poumon traverse la gorge, et c’est par là que le fruit est le plus connu dans le sud de la Chine : la tradition régionale en fait l’infusion de ceux qui parlent et qui chantent pour vivre, enseignants, chanteurs, orateurs. Par le Gros Intestin, organe couplé du Poumon, sa douceur rend aussi du liquide au bas du corps : il ne stimule rien, il humecte. On le casse, coque et graines comprises, et on l’infuse à l’eau bouillante, plusieurs fois de suite ; avec la graine de sterculia, il forme un couple classique du Poumon. Les recherches modernes s’intéressent notamment aux mogrosides, d’où vient sa saveur sucrée.
Bienfaits essentiels
Chaleur clarifiée & fraîcheur
Frais et humectant, le fruit de l’arhat clarifie la Chaleur du Poumon tout en lui rendant de l’eau, selon la tradition chinoise.
Intestins humectés & transit libre
Sa douceur rend du liquide au Gros Intestin et favorise le transit, sans rien stimuler.
Poumon humecté & douceur naturelle
Sa douceur engendre les Liquides et humidifie le Poumon, sans amertume ni froid pour le Centre.