Quand le vent chaud saisit le haut du corps
Gorge sèche, sensation de chaleur au visage et dans la tête, soif, légère frilosité au vent, envie de fraîcheur, surtout aux changements de saison ou par temps chaud et venteux… En MTC, ces signes peuvent être associés à une atteinte de Vent-Chaleur à la surface du corps. Selon l’école du Wen Bing (温病), le Vent-Chaleur touche d’abord le Poumon et la couche la plus extérieure du corps, puis monte vers la tête et la gorge.
La formule mère, Yin Qiao San (银翘散), paraît sous la dynastie Qing dans le Wen Bing Tiao Bian (《温病条辨》) de Wu Jutong (吴鞠通), daté de 1798. Wu Jutong l’a bâtie autour de deux plantes aromatiques et fraîches, le chèvrefeuille et le forsythia, et la qualifiait de formule « âcre et fraîche, de force moyenne ». Yin Qiao Jie Du Pian en est une forme moderne, présentée à l’origine en comprimés (pian, 片).
Disperser vers l’extérieur, rafraîchir le haut
Le chèvrefeuille et le forsythia, à parts égales en tête de la formule, clarifient la Chaleur tout en aidant à faire sortir ce qui s’attarde en surface. Autour d’eux, les plantes vont par paires : la menthe et la bardane dispersent le Vent-Chaleur vers la tête et la gorge ; le schizonépéta, légèrement tiède, pousse vers l’extérieur. C’est voulu : un peu de tiède au milieu du frais, pour que la fraîcheur ne fige rien.
Clarifie la Chaleur : Le chèvrefeuille et le forsythia, aromatiques et frais, forment l’un des couples les plus célèbres de la pharmacopée chinoise pour clarifier la Chaleur du haut du corps.
Expulse le Vent : La menthe et la bardane, âcres et fraîches, dispersent le Vent ; le schizonépéta les seconde. Un commentaire classique le résume : tempéré par le chèvrefeuille et le forsythia, il disperse sans assécher.
Apporte une fraîcheur douce à la gorge : Le platycodon porte l’action de la formule vers le haut ; avec la réglisse, il forme un couple que la tradition associe depuis le Shang Han Lun au confort de la gorge.