Shu Di Huang, la racine aux neuf cuissons
Shu Di Huang se lit « le jaune de la terre, cuit ». Di Huang, le jaune de la terre, doit son nom à la racine fraîche, d’un jaune orangé ; le premier caractère dit ce qu’on en a fait. La racine de Rehmannia glutinosa est mêlée de vin jaune, puis cuite à la vapeur et séchée au soleil, encore et encore : la tradition parle de neuf cuissons et neuf séchages. Elle en sort noire à cœur, luisante, souple et collante. Son terroir de référence est le Henan, autour de Jiaozuo, l’ancienne préfecture de Huaiqing, où elle compte parmi les « quatre grandes plantes de Huai ». Sous les Ming, un médecin l’employait tant qu’on le surnomma « Zhang la rehmannia ».
Nourrir le Sang, le Yin et l’Essence
En médecine traditionnelle chinoise, la rehmannia préparée est légèrement tiède et douce. Le doux complémente, et c’est l’un des doux les plus lourds de la pharmacopée : dense et collante, elle descend et va nourrir en profondeur. Elle entre au Foie, qui garde le Sang, et au Rein, qui garde l’Essence ; la tradition dit que ces deux Organes ont une même source. Elle en fait la première des plantes qui nourrissent le Sang et le Yin du Rein : elle apporte la matière dont le Sang se refait, nourrit le Yin sans froideur et descend jusqu’aux réserves les plus profondes de l’Essence.
Cru ou cuit : une racine, deux natures
Séchée crue, la même racine donne Sheng Di Huang, froide et amère, qui rafraîchit le Sang. La cuisson change tout : le froid devient légèrement tiède, l’amer devient doux, et l’action de clarifier cède la place à celle de nourrir. Sa richesse a un revers, qui peut peser sur une digestion faible ; la tradition l’associe donc à des plantes qui font circuler, comme l’amome ou l’écorce de mandarine. Avec l’angélique chinoise, elle forme le couple central de Si Wu Tang : l’une construit, l’autre met en mouvement. Les recherches modernes s’intéressent notamment au catalpol.
Bienfaits essentiels
Sang nourri & ressources profondes
Douce et dense, elle apporte la matière dont le Sang se refait, et nourrit les ressources profondes du Yin et du Sang.
Yin du Rein & du Foie
Selon la tradition chinoise, elle nourrit le Yin du Rein et du Foie, sans la froideur de la racine crue.
Essence & réserves profondes
Lourde et collante, elle descend jusqu’au Rein, qui garde l’Essence, le Jing, qu’elle augmente selon la tradition.