Quand les réserves profondes s’amenuisent
Fatigue de fond qui ne se dissipe pas avec le repos, teint terne, bas du dos et genoux qui fatiguent vite, chevelure qui perd de son éclat, sommeil moins réparateur… En MTC, ces signes peuvent être associés à un Vide de Sang du Foie et d’Essence du Rein. Selon la tradition, le Foie garde le Sang et le Rein garde l’Essence ; l’un se transforme en l’autre, et quand ce fonds commun s’épuise, c’est tout l’organisme qui manque de ressources.
He Shou Wu est une venue tardive dans la pharmacopée chinoise. Son nom est celui d’un homme, dont un texte des Tang, le He Shou Wu Zhuan (《何首乌传》) attribué à Li Ao (李翱), raconte l’histoire. Elle entre dans une matière médicale officielle sous les Song, avec le Kai Bao Ben Cao (《开宝本草》), en 973-974. C’est Li Shizhen (李时珍), dans le Ben Cao Gang Mu (《本草纲目》) achevé en 1578, qui en fait un tonique de premier rang, qu’il place au-dessus de la rehmannia.
Nourrir, puis retenir
Li Shizhen a lu ses saveurs une par une : l’amer complémente le Rein, la tiédeur complémente le Foie, l’astringent recueille et retient l’Essence et le Qi. Elle nourrit par le doux, complémente en profondeur par l’amer, et garde ce qu’elle a nourri par l’astringent. C’est ce dernier trait qui la distingue des autres plantes qui nourrissent le Sang.
Nourrit le Sang et l’Essence : Elle s’adresse à la fois au Sang du Foie et à l’Essence du Rein, que la tradition considère comme un même fonds. La tradition chinoise lui associe aussi la chevelure, qu’elle tient pour le reflet du Sang et de l’Essence.
Nourrit le Foie et le Rein : Légèrement tiède, elle entre dans ces deux méridiens, ceux que la tradition tient pour les réserves du corps, et vise la racine du manque plutôt que ses manifestations.
Tonifie sans alourdir : La tradition la juge plus légère que la rehmannia préparée : elle encombre moins la digestion et convient à qui souhaite nourrir progressivement.